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DHT et Cheveux : L'Hormone Responsable de la Calvitie

La DHT (dihydrotestostérone) est l'hormone principale responsable de la calvitie masculine. Découvrez son rôle et comment la bloquer efficacement.

Dr. Marc Dubois, Endocrinologue
26 janvier 2026 15 min de lecture

Mis à jour le 27 janvier 2026

Schéma moléculaire de la DHT et son action sur le follicule pileux

Représentation moléculaire de la DHT et son interaction avec les récepteurs folliculaires

Si vous perdez vos cheveux, il y a de très fortes chances qu’une seule molécule en soit la cause : la DHT, ou dihydrotestostérone. Ce dérivé de la testostérone, 2 à 3 fois plus puissant que l’hormone dont il est issu, s’attaque méthodiquement aux follicules pileux génétiquement vulnérables — les miniaturisant cycle après cycle, jusqu’à les réduire au silence.

Mais pourquoi cette hormone épargne-t-elle certains follicules tout en en détruisant d’autres ? Et surtout, peut-on réellement freiner son action ? C’est ce que nous allons décortiquer ici, en passant de la biochimie pure aux stratégies de traitement concrètes.

Qu’est-ce que la DHT exactement ?

La dihydrotestostérone appartient à la famille des androgènes — les hormones dites “masculines”, même si les femmes en produisent elles aussi, en quantités moindres. Hormone stéroïde à part entière, elle intervient dans bien plus de processus que la simple perte de cheveux. Ce qui rend la DHT si particulière, c’est qu’elle n’a pas besoin d’être présente en grande quantité pour exercer des effets puissants.

Formation de la DHT à partir de la testostérone

Ce mécanisme, bien que complexe à l’échelle cellulaire, se résume en réalité assez simplement. La DHT n’est pas sécrétée directement par les glandes endocrines. Elle naît d’une transformation : la testostérone est convertie par une enzyme, la 5-alpha-réductase, au sein de tissus cibles bien précis — prostate, peau, follicules pileux, foie.

Un point que beaucoup de patients ignorent : selon les études du NCBI, seuls 5 à 10% de la testostérone circulante subissent cette conversion. Une fraction minuscule, en apparence. Sauf que la DHT se lie aux récepteurs aux androgènes avec une affinité 2 à 3 fois supérieure à celle de la testostérone. En d’autres termes, il en faut peu pour faire beaucoup de dégâts.

L’enzyme 5-alpha-réductase existe sous deux formes. Le type 1 se concentre surtout dans la peau et le cuir chevelu, tandis que le type 2 prédomine dans la prostate et les follicules pileux. C’est précisément ce type 2 que cible le finastéride, le traitement de référence contre la calvitie, capable de réduire la production de DHT d’environ 70%.

Rôles physiologiques de la DHT

Réduire la DHT à un simple destructeur de cheveux serait une erreur. Cette hormone a construit, littéralement, le corps masculin.

Pendant la vie fœtale, c’est elle qui orchestre la différenciation des organes génitaux. À la puberté, elle stimule l’apparition de la barbe et de la pilosité corporelle. Elle contribue au maintien de la prostate et joue un rôle dans la libido. Autant de fonctions légitimes, essentielles même, qui expliquent pourquoi les traitements visant à bloquer la DHT ne sont jamais totalement anodins — et pourquoi certains patients rapportent des effets secondaires touchant la sphère sexuelle.

Pourquoi la DHT provoque-t-elle la chute des cheveux ?

Voilà le grand paradoxe. La même hormone qui fait pousser la barbe fait tomber les cheveux. Comment est-ce possible ?

La réponse tient en un mot : localisation. Les follicules pileux ne réagissent pas tous de la même manière à la DHT, et cette différence de sensibilité est inscrite dans leur code génétique.

Le mécanisme de miniaturisation folliculaire

Schéma du processus de miniaturisation du follicule pileux sous l'effet de la DHT

Quand la DHT se fixe sur les récepteurs aux androgènes d’un follicule sensible, elle enclenche un engrenage redoutable. La phase de croissance du cheveu (phase anagène) se raccourcit, tandis que la phase de repos s’allonge. Selon les recherches publiées dans PubMed, cette miniaturisation est progressive — et c’est justement ce qui la rend si insidieuse.

D’abord, le cycle de croissance se comprime. Le follicule produit alors un cheveu plus fin, plus court. Au cycle suivant, encore plus fin. Puis vient le stade du duvet invisible, ce qu’on appelle le vellus. À terme, le follicule peut s’atrophier complètement — et à ce stade, il n’y a plus grand-chose à faire.

C’est pourquoi agir tôt reste le conseil le plus important que l’on puisse donner. Une fois la miniaturisation avancée, le processus est généralement irréversible. Reconnaître les signes d’un début de calvitie peut changer radicalement le pronostic.

Pourquoi certains follicules sont-ils sensibles et d’autres non ?

Pourquoi certains follicules résistent-ils mieux que d’autres ? Tout est affaire de génétique.

Les follicules des tempes et du vertex (sommet du crâne) portent davantage de récepteurs aux androgènes, et ces récepteurs y sont plus sensibles. Ceux de la couronne occipitale — l’arrière et les côtés de la tête — sont en grande partie épargnés. D’où le schéma si reconnaissable de la calvitie masculine : les golfes temporaux se creusent, le vertex s’éclaircit progressivement (ce qu’on appelle parfois la calvitie moine), mais la couronne arrière tient bon.

Et c’est exactement cette résistance qui rend les greffes de cheveux possibles. Les follicules prélevés à l’arrière du crâne conservent leur résistance génétique à la DHT même après transplantation. Ils continuent de produire des cheveux normaux, indifférents à l’hormone qui a décimé leurs voisins.

Taux de DHT et calvitie : quel lien ?

Voici une idée reçue tenace : les hommes chauves auraient des taux de DHT anormalement élevés.

C’est faux. Le facteur déterminant n’est pas la quantité de DHT circulante, mais la sensibilité des follicules à cette hormone. Deux hommes avec un taux de DHT strictement identique peuvent présenter des chevelures radicalement différentes.

Variation individuelle de la sensibilité

Cette sensibilité est héréditaire, ce qui explique la dimension familiale si frappante de la calvitie. La recherche a identifié plusieurs gènes impliqués, à commencer par le gène du récepteur aux androgènes, logé sur le chromosome X — celui que l’on hérite de sa mère. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. D’autres gènes, situés sur des chromosomes autosomes, entrent aussi en jeu. Résultat : la prédisposition à la calvitie peut venir des deux côtés de la famille. Regarder uniquement le père de sa mère pour prédire son avenir capillaire, comme le veut le mythe populaire, ne donne qu’une image partielle.

DHT chez la femme et alopécie féminine

Les femmes ne sont pas à l’abri. Elles produisent de la DHT en quantités nettement inférieures, certes, mais chez celles qui portent une prédisposition génétique, cette faible quantité peut suffire à déclencher une alopécie androgénétique. La présentation diffère cependant : on observe typiquement un éclaircissement diffus centré sur la raie médiane, plutôt que le recul frontal caractéristique chez l’homme.

Certaines pathologies — syndrome des ovaires polykystiques, tumeurs surrénaliennes — augmentent les androgènes circulants et peuvent aggraver considérablement le tableau. C’est pourquoi un bilan hormonal est souvent indispensable avant de définir une stratégie de traitement.

Comment bloquer la DHT efficacement ?

On dispose aujourd’hui de plusieurs leviers pour limiter l’impact de la DHT sur les follicules. Tous n’ont pas la même puissance.

Traitements médicamenteux

Le finastéride (Propecia)

Le finastéride reste, après des décennies, le traitement oral de référence. Son principe est élégant : il inhibe la 5-alpha-réductase de type 2, faisant chuter les taux de DHT d’environ 70% sans perturber significativement la testostérone elle-même.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les études cliniques montrent un arrêt de la progression de la calvitie chez 86% des patients et une repousse significative chez 65% d’entre eux, avec des résultats optimaux atteints après 12 à 24 mois de traitement continu.

Évolution de la densité capillaire sous traitement finastéride sur 24 mois

Le dutastéride

Plus puissant sur le papier — il bloque les deux types de 5-alpha-réductase et réduit la DHT de plus de 90% — le dutastéride n’est pourtant pas officiellement approuvé pour le traitement de la calvitie dans de nombreux pays. Son profil d’effets secondaires, plus marqué que celui du finastéride, explique en partie cette prudence réglementaire.

Bloqueurs de DHT topiques

Pour ceux qui préfèrent éviter les effets systémiques d’un traitement oral, il existe des alternatives à appliquer directement sur le cuir chevelu. Le finastéride topique permet une réduction locale de la DHT avec une absorption systémique moindre. Le kétoconazole, connu comme shampoing antifongique, possède aussi une légère action anti-androgénique. Quant au Saw Palmetto (Serenoa repens), cet extrait végétal offre des propriétés inhibitrices modestes.

Soyons honnêtes : l’efficacité des bloqueurs de DHT topiques reste généralement en deçà de celle des traitements oraux. Mais pour certains patients, ce compromis entre efficacité et tolérance fait sens.

Approches naturelles

Plusieurs composés naturels sont étudiés pour leur potentiel anti-DHT. L’huile de graines de courge fait l’objet d’études préliminaires encourageantes. Le thé vert, et plus précisément l’EGCG qu’il contient, montre une activité anti-androgénique in vitro. La réglisse (acide glycyrrhizique) présente un effet anti-androgénique modeste.

Faut-il s’y fier ? Ces approches peuvent raisonnablement compléter un traitement conventionnel, mais les remplacer en cas de calvitie avérée serait imprudent. Les preuves scientifiques restent encore trop limitées pour en faire des traitements de première ligne.

DHT et lien avec la testostérone

“Avoir beaucoup de testostérone rend chauve.” Cette affirmation revient sans cesse. Elle mérite qu’on s’y arrête.

Pourquoi la testostérone se transforme en DHT ?

Parce que c’est un processus biologique normal. L’enzyme 5-alpha-réductase est naturellement présente dans plusieurs tissus, et elle convertit en permanence une fraction de la testostérone circulante en DHT. Il ne s’agit pas d’un dysfonctionnement.

La DHT remplit des fonctions importantes dans l’organisme. Elle ne pose problème que pour une catégorie bien précise de cellules : les follicules pileux génétiquement sensibles. Un homme peut donc parfaitement afficher des taux de testostérone élevés et conserver une chevelure dense — à condition que ses follicules ne soient pas programmés pour réagir à la DHT.

Musculation, testostérone et calvitie

Non, la musculation ne rend pas chauve. C’est l’un des mythes les plus persistants. L’exercice physique peut effectivement augmenter légèrement les taux de testostérone, mais cette hausse reste modeste et transitoire — sans conséquence réelle sur la calvitie.

Les stéroïdes anabolisants, en revanche, c’est une tout autre histoire. En inondant l’organisme d’androgènes exogènes, ils peuvent accélérer dramatiquement la perte de cheveux chez les personnes prédisposées. La nuance est capitale.

Questions fréquentes sur la DHT

La DHT peut-elle être complètement éliminée ?

Non — et personne ne le souhaiterait vraiment. La DHT assure des fonctions physiologiques essentielles. L’objectif des traitements n’est pas de l’éradiquer, mais de réduire suffisamment son action sur les follicules. Le finastéride, avec sa réduction d’environ 70%, atteint ce point d’équilibre : assez pour protéger les cheveux, pas assez pour compromettre les autres fonctions hormonales.

À quel âge la DHT commence-t-elle à affecter les cheveux ?

Les premiers effets peuvent survenir dès 18-20 ans chez les hommes génétiquement prédisposés, mais la calvitie ne devient généralement visible qu’entre 25 et 35 ans. Un point à retenir : plus elle commence tôt, plus elle tend à être sévère par la suite.

Les femmes doivent-elles s’inquiéter de la DHT ?

Leurs follicules sont globalement moins sensibles et leur production de DHT bien plus faible. Cela dit, certaines femmes développent une alopécie androgénétique — surtout après la ménopause, lorsque la chute des œstrogènes protecteurs modifie l’équilibre hormonal. Un bilan peut alors révéler un excès d’androgènes nécessitant un traitement spécifique.

Le blocage de la DHT est-il définitif ?

Non. L’effet est entièrement réversible. Arrêtez le finastéride, et les taux de DHT remontent à leur niveau antérieur en quelques semaines. La calvitie reprend alors sa progression là où elle s’était arrêtée. C’est un traitement au long cours, sans raccourci possible.

Les effets secondaires du blocage de la DHT sont-ils fréquents ?

Environ 2% des patients rapportent des effets secondaires sous finastéride — principalement des troubles sexuels ou une gynécomastie. Ces effets sont généralement réversibles à l’arrêt du traitement. Selon l’American Hair Loss Association, la très grande majorité des utilisateurs tolèrent le traitement sans difficulté.

Conclusion

La DHT est, et reste, le moteur hormonal de l’alopécie androgénétique. Comprendre son mécanisme d’action éclaire immédiatement pourquoi certains traitements marchent et d’autres non — et pourquoi la précocité de l’intervention change tout.

Car c’est bien là l’enjeu. Plus on agit tôt dans le processus de miniaturisation, plus les chances de stopper la chute et d’obtenir une repousse sont élevées. La calvitie n’est pas une fatalité. Si vous remarquez les premiers signes — tempes qui se creusent, densité qui faiblit — consultez un dermatologue. Un diagnostic précis et un traitement anti-DHT adapté, comme le finastéride, peuvent réellement changer la trajectoire.

Avertissement médical : Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre éducatif et ne remplacent pas une consultation médicale. Le finastéride et les autres traitements anti-DHT nécessitent une prescription médicale et un suivi approprié.

Information à titre indicatif

Le contenu de cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé pour tout diagnostic ou traitement.

Sources et références

  1. Dihydrotestosterone - StatPearls NCBI (Étude)
  2. Mechanism of Androgenetic Alopecia (Étude)
  3. American Hair Loss Association (Recommandation)

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